Masques de défense


Portrait d'acteur de théâtre Kabuki


Pour installer une bonne base relationnelle, il faut d’abord comprendre ce que sont les besoins essentiels. 

Reconnaître ses besoins peut demander du temps ! 

Si vous avez reçu une éducation au développement de l'estime de soi, vous êtes bénis. Hélas, nous sommes nombreux à développer "sur le tard" ou à avoir négligé cette étape. 

Pour bien vivre avec l'autre, il faut se connaître. Comprendre nos manques affectifs.


La pyramide de Maslow

Mécanismes de défense

Toutes les familles ont leurs failles et leurs forces. Nos parents nous ont préparé à affronter la vie avec ce qu'ils avaient. Avant même de commencer nos vies adultes, nous avons développé des mécanismes de défense pour éviter des conflits ou nous défendre.

Tous ces réflexes servent de masque. Ils sont stimulés par l'ego. Nous nous en servons comme bouclier et, aussi, pour attaquer quand nous avons de la difficulté à communiquer et demander ce dont nous avons réellement besoin. Très souvent, ils sont inconscients. Les reconnaître chez soi, ce n'est pas évident! Les voir chez les autres, c'est plus facile.

Voici quelques exemples de mécanismes de défense;

Le déni, lorsque je ne veux pas reconnaître que l'autre a raison. Exemple: je suis fâchée et mon conjoint me demande ce que j'ai et je lui réponds: « je vais très bien. » Au lieu de lui dire la vérité et j'y ajoute même un transfert: « c'est toi, qui a un problème! » ;

J'utilise le transfert lorsque je ne veux pas me responsabiliser face à mes actes et mes opinions. Je transfère cette responsabilité vers d'autres comme dans l'utilisation du pronom nous. Exemple : « nous croyons que tu as un problème! » 

La projection survient quand je projette mon malaise sur mon entourage, au lieu de faire mon introspection. Exemple : une nouvelle personne entre au bureau et déclenche chez moi une aversion. Au lieu de faire mon introspection et de constater que celle-ci me rappelle quelqu'un ou un détail douleureux, je  développe de l'agressivité envers celle-ci. 

La rationalisation, au lieu d'exprimer ma peine, ma colère ou tout simplement mon désaccord, je discours sur la question en évitant d'exprimer mes émotions. À la longue, j'explose...

Tout le monde les utilisent pour éviter des situations désagréables, mais lorsque ces mécanismes deviennent une habitude, cela peut cacher un problème psychique. Ces mécanismes sont communs aux dépendants à la drogue, à l'alcool, au sexe, au jeu etc.,  Nous les retrouvons également chez les névrosés.

Les phobies

De la peur de la mort à celle de vivre, en passant par l'inconnu et tout ce qui nous entoure, les névroses ont plusieurs formes. Les phobies en font parties. Elles représentent la grande majorité. Ce sont des peurs irraisonnables qui sont provoquées par l'anxiété. L'anxiété est un phénomène normal ; elle aide à garder le corps alerte et à le préparer au danger. Elle achemine le sang et le stress nécessaire pour courir, nous défendre ou nous cacher. L'anxiété devient un problème lorsqu'elle se déclenche au moindre changement. Parfois, la peur prend tellement de place que la personne ne sait plus quoi penser et comment réagir: elle fige, attaque ou fuit carrément. Même si la personne anxieuse le reconnait, elle n'arrive pas à gérer ses conflits intérieurs, sans être confronter à ses croyances. Ces peurs proviennent d'idées cultivées dans les familles, les communautés, les cercles d'amis et de travail et bien sûr, chez nous-mêmes. Parfois, ce sont des traumatismes qui les causent et pour d'autres, un simple évènement qui semble anodin. C'est la répétition du réflexe qui ancre la pulsion anxieuse.

Nous vivons dans un monde névrosé. Nous sommes tellement obnubilés par les idées de performance, de reconnaissance, de contrôle et de sécurité, que les peurs fusent de partout. Nous avons peur d'avoir l'air fou, de devenir fou et des fous. Pas étonnant que la maladie mentale soit un tabou ! Regardez autour de vous et, vous remarquerez que les quelques personnes qui en parlent ouvertement sont souvent des artistes. Les cadres supérieurs et autres représentants de ce monde ne s'affichent pas beaucoup. Et pourtant, un canadien sur six souffre ou souffrira de maladie mentale. Toutes classes et cultures confondues!

Les idées prennent souvent le dessus sur l'ensemble de la personne. Les écoles et autres institutions et bien sûr les familles encouragent fortement le développement intellectuels au détriment des autres types d'apprentissage : les métiers manuels, artistiques, spirituels, physiques et les expériences de vie tout court ! Combien d'entre nous avons choisi un métier qui ne nous convenait pas, un mariage d'idées, des amis avec des avantages pécuniers et même un style vestimentaire emprunté !

L'échelle de nos valeurs pourraient se mesurer à l'échelle salariale. La plupart des budgets vont vers des programmes rentables. Nous donnons surtout lorsque cela rapporte matériellement rapidement. En encourageant les autres types d'apprentissage, nous pourrions équilibrés nos besoins peu à peu, mais sûrement. Une personne qui fait ce qu'elle aime donne souvent le meilleur d'elle-même. Elle ne compte généralement pas son temps. Elle rayonne. Sa santé se porte mieux et son environnement en bénéficient. Une personne qui vit son rêve, s'éloigne de la déprime et des névroses.

Nous avons tellement de difficulté à nous voir autrement que par des idées que nous avons oublié le reste : les émotions, l'âme, le corps, l'espace et notre connexion à l'ensemble. Nous vivons avec l'illusion d'être séparé, parce que nous sommes dans nos pensées. Nous ne vivons pas le présent et pourtant, tout le corps demeure bien vivant!

La peur d'avoir peur

Qu'importe la faille, les névroses nous amènent presque toujours à nous cacher derrière des masques de culpabilité, de honte ou simplement de jugement, car nous avons peur de la folie.
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Évitez-vous certaines personnes, certains endroits ou situations juste pour ne pas à avoir à les confronter? Si c'est le cas, il y a des chances qu'une peur se cache derrière!

Reconnaître sa névrose et l'accepter, c'est du sport! Mais étrangement, la maladie peut devenir une belle porte d'entrée vers la communication authentique. Je sais de quoi je parle! Je souffre de phobie sociale depuis longtemps et en acceptant d'en parler, cela m'a transformée. J'apprends à reconnaître mes besoins et exprime mes sentiments tels que je les ressens.

La guérison opère dans l'acceptation. Ce qui me bloque à celle-ci, ce sont mes réflexes conditionnés par l'ego. Cela prend beaucoup de compassion et de patience pour se défaire des patterns et surtout rétablir la confiance.

Pour l'évaluation des besoins

Simplement en observant ce que vous enviez chez les autres, vous découvrirez vos besoins ! Une fois que vous avez identifier vos manques. Vous constaterez que ce qui vous a bloqué à l'obtention de ces besoins sont souvent des croyances négatives: « Je n'ai pas ce qu'il faut.», « Personne ne m'aime, car je ne suis pas aimable.», «Je suis trop vieux ou vieille pour faire ceci, il est trop tard pour moi.», «Je ne peux accueillir une telle personne, un tel emploi ou une telle situation dans ma vie, je ne suis pas à la hauteur.» etc..

Afin de mieux voir ce qui en est, vous pouvez utiliser la technique de la thérapie cognitive, qui fonctionne sur le démantèlement des croyances. Ils existent également des ateliers offerts dans la plupart des centres spécialisés en maladie mentale.

Et la méditation dans tout cela ? C'est un excellent outil d'accompagnement à la thérapie et le témoin aide grandement aux observations.   

Le but est de mieux nous comprendre et de se laisser guider par un professionnel qui saura nous indiquer où sont nos blocages et, ainsi, nous pardonner ou accepter.





Metta

Michèle Rhéaume


Références:

Réflexes de défense: http://www.etape.qc.ca/chroniques/defense.htm
N.B. La référence aux mécanismes de défense est liée à un centre en toxicomanie. Même si il ne s'agit pas de la dépendance qui vous concerne, ce lien vous renseigne très bien sur les mécanismes de défense. D'autre part, toutes les dépendances, phobies et autres névroses activent les systèmes de défense.


Sites Web

Phobies-Zéro: http://www.phobies-zero.qc.ca/

Livres
Le Déclic de Marie Lise Labonté sur la libération des cuirasses ou des mécanismes de protection

La communication authentique de Colette Portelance Les Éditions du CRAM

Rosenberg Marshall B. Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Éditions Jouvence, France, 1999.


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